Les Pionniers

Exposition en cours

Venez rencontrer les découvreurs de l'oppidum d'Ensérune !

  • Accès inclus dans le prix du billet d’entrée

  • Tout public

  • Dernier accès au monument une heure avant la fermeture. Il faut compter 10 minutes de marche depuis le parking jusqu'à l'entrée du site.

Présentation

L’exposition Les Pionniers retrace à travers une série d’archives, de correspondances, de plans, de photographies et d’objets inédits, une aventure scientifique et humaine exceptionnelle : celle des premiers découvreurs de l’oppidum d’Ensérune, de la fin du XIXᵉ siècle à la Seconde Guerre mondiale.

Conçue comme une plongée immersive dans la société du début du XXe siècle, l'exposition fait évoluer le visiteur au sein d'un décor d’époque où il "rencontre" les 9 personnalités ayant contribué à la découverte et la mise en valeur de l’oppidum d’Ensérune.

Une fresque épique qui permet de remonter dans le temps, aux origines d’une aventure humaine qui a sensiblement marqué l’archéologie en région Occitanie. Les destins croisés de chercheurs locaux, de savants de renommée européenne et d’architectes chargés de protéger le patrimoine national. En filigrane, des liens forts qui ont uni les familles propriétaires de la colline, les entrepreneurs et les ouvriers qui y ont travaillé.

Une page d’histoire au cœur des années 30, moment charnière où les archéologues sont encore des pionniers. Ils défrichent, découvrent, se battent pour obtenir des moyens afin de mener à bien leurs explorations. Un demi-siècle de conquête qui a fait entrer Ensérune, dès 1936, dans le cercle fermé des Musées Nationaux.
 

Aux origines d’une grande aventure archéologique

Cette aventure débute en 1842, lorsque l’abbé Alexandre Ginièis, curé de Montady, explore la colline et identifie avec une étonnante acuité nécropole, silos et mosaïque. Ses observations, d’une étonnante justesse, inspirent plusieurs archéologues.
Au début du XXᵉ siècle, Félix Mouret, érudit local, achète une parcelle de vignes et met au jour plusieurs tombes incroyablement préservées. Les pièces archéologiques révélées sont exceptionnelles, vases grecques intégralement conservés, armement celtique, perles de verre, etc. Grâce à l’appui scientifique d’Emile Cartailhac, il constitue un premier corpus dont la qualité amène le déplacement en 1916 d’une mission d’experts de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres composée des plus grands savants de son temps. Edmond Pottier du Louvre, Emile Cartailhac du musée Saint-Raymond de Toulouse, Salomon Reinach du musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye valident l’importance du site. Grâce à eux, Ensérune s’impose comme un site majeur du Midi antique.
Par la suite, et sous l’impulsion de l’abbé Louis Sigal et de l’architecte Jules Formigé, les fouilles deviennent méthodiques et modernes sur l’oppidum : relevés précis, photographies, étude de la stratigraphie. Le site est alors reconnu par le ministère des Beaux-Arts comme “premier gisement archéologique de France”. En 1938, l’extension du musée permet d’innover avec la conservation in situ d’un quartier antique, une première nationale.

Félix Mouret, en 1915, examinant un petit cratère trouvé intact par ses ouvriers dans la nécropole d’Ensérune. Image colorisée.
Félix Mouret, en 1915, examinant un petit cratère trouvé intact par ses ouvriers dans la nécropole d’Ensérune. Image colorisée.

© Centre des monuments nationaux

Une immersion sensible dans le début du 20ème siècle

L’exposition propose un véritable voyage dans le temps, où le visiteur se retrouve propulsé au cœur de l’épopée archéologique d’Ensérune grâce à une mise en scène sensible et ludique. Elle débute dans le bureau de Félix Mouret, l’infatigable découvreur du site. Plusieurs objets d’époque plongent les visiteurs dans une ambiance feutrée et une lanterne magique - l’ancêtre poétique du cinéma - retrace les grandes découvertes réalisées entre 1910 et 1940. Plus loin, neuf portraits des figures majeures de cette aventure scientifique surgissent, réalisés à partir des archives photographiques du musée, l’intelligence artificielle (IA) redonnant vie à ces pionniers. Au fil de la visite, six vidéos générées par IA offrent quant à elles des fenêtres étonnantes sur les paysages d’alors et l’atmosphère des fouilles.

Des reconstitutions sonores de moments clés proposent des témoignages vivants : l’arrivée solennelle de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le projet de création d’un musée Injalbert-Mouret à Béziers… jamais réalisé, ou encore la vente de la propriété Maux à l’État.

Portrait en pied réalisé par IA de Félix Mouret et de l’abbé Sigal, pionniers majeurs dans l’étude de l’oppidum d’Ensérune de 1915 à 1945.
Portrait en pied réalisé par IA de Félix Mouret et de l’abbé Sigal, pionniers majeurs dans l’étude de l’oppidum d’Ensérune de 1915 à 1945.

© Centre des monuments nationaux

Un instantané de l’archéologie des années 30 : au temps des pionniers

Conçue dans le prolongement du chantier de reconditionnement des archives du musée, mené au printemps 2025, l’exposition Les Pionniers met en lumière une période charnière : celle où l’archéologie française se professionnalise et où se crée à Ensérune l’un des premiers musées nationaux d’archéologie.

En effet, la fin du XIXe siècle est marquée par plusieurs découvertes qui bouleversent les connaissances sur l’histoire de l’humanité et imposent une rigueur scientifique aux chercheurs. Les méthodes et les techniques de l’archéologie au début du XXe siècle évoluent ainsi considérablement. L’apparition de la photographie à la fin du XIXe siècle joue un rôle fondamental notamment pour la documentation, l’inventaire et la diffusion des connaissances.
 

Emile Cartailhac fouillant une tombe dans la nécropole d’Ensérune en 1916. Image colorisée.
Emile Cartailhac fouillant une tombe dans la nécropole d’Ensérune en 1916. Image colorisée.

© Centre des monuments nationaux